ÉRYSIPÈLE DE JAMBE
(leg erysipela, streptococcus, penicillin)

Cette dermite infectieuse est due le plus souvent à un streptocoque A. La porte d'entrée infectieuse est variable :
-
intertrigo inter-orteil mixte bactérien/mycosique comme notre patient,
- fissure talonnière, plaie traumatique évidente ou au contraire punctiforme passée inaperçue, ongle incarné,
- ulcère de jambe, eczéma variqueux, prurit chronique excorié etc...
Doit être différencié de :
- poussées inflammatoires de l'insuffisance veineuse chronique (ou du lymphoedème chronique) compliquée de lipodermatosclérose : infiltration scléreuse de la moitié inférieure des jambes. La lipodermatosclérose aiguë est très douloureuse, génant la marche (voir photo en bas de page). Mais il n'y a pas de fièvre, de frissons, ni d'hyperleucocytose, et la réponse aux antibiotiques anti-strepto-staphylococciques est nulle. Le repos, une contention élastique ++ (difficile à supporter), un dermocorticoide de classe 2 sont proposés.
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eczema variqueux (stase), de l'eczéma de contact aigu.

Principes du Traitement de l'érysipèle :
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repos
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antibiothérapie parentérale basée sur la pénilline G classiquement (10 à 20 millions d'UI/24 h en 4 à 6 fois), ou pénicilline M (une alternative peut être une synergistine per os à fortes doses, p.ex: pristinamycine DCI à la posologie de 3 g/24h)
-
antisepsie de la porte d'entrée,
- les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) devraient être évités, pouvant géner la surveillance clinique (la réponse favorable à l'antibiotique sous 48 heures se traduit par un arrêt de l'extension, puis une régression franche de l'érythème, une apyrexie). Les AINS sur érysipèle sont réputés responsables d'évolutions nécrosantes.
- l'héparinothérapie prophylactique n'est pas systématique, sauf antécédent phlébitique
- en cas d'érysipèles de jambe répétés, avec risque de lymphoedème fixé, un
relais par pénicilline retard à titre préventif peut-être proposé pendant quelques mois (p.ex: benzathine benzylpénicilline DCI 2,4 MUI I.M./ 15 jours (EXTENCILLINE®), ou pénicilline V orale ORACILLINE®).
- La cause du lymphoedème initial ou favorisant doit être prise en compte (contention élastique, drainage lymphatique manuel).
- rappel de vaccination anti-tétanique
Voir aussi :
érysipèle de la face.
Sommaire...




Homme de 42 ans. Depuis 3 jours, contexte d'état général légèrement altéré avec fièvre à 39°C et frissons nocturnes. Cet érythème cuisant et douloureux a commencé au dos du pied (présence de bulles) pour s'étendre à la jambe ensuite





Une porte d'entrée de l'érysipèle :
intertrigo fissuraire inter-orteil mixte bactérien / mycosique


Ci-dessous,
Patient n°2 : érysipèle de jambe. Fièvre à 39°C, frissons nocturnes. Début à la cheville, apparition d'une plaque inflammatoire douloureuse qui s'est étendue en 2 jours vers le haut de la jambe.


Ci-dessous : un diagnostic différentiel fréquent, la
poussée aiguë douloureuse de lipodermatosclérose. La douleur est importante. Absence de fièvre, ni d'hyperleucocytose. Le terrain est l'insuffisance veineuse et/ou l'insuffisance lymphatique.
L'antibiothérapie est inefficace. On observe chez cette patiente âgée des varices sus-jacentes, une atrophie blanche malléolaire interne, une dermite ocre.
Au stade chronique, la cheville prendra l'aspect typique de guêtre sclérodermiforme.
lipodermatosclerose aigue acute lipodermatosclerosis



(C) E.PIERARD
http://dermatologie.free.fr




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